Le 13 février 2026, quatre classes d’accueil ont eu l’opportunité de présenter leur zine illustrant leur parcours migratoire aux autres classes d’accueil, à travers une exposition à la palestre. À travers ce petit livre, fait de leurs propres mains, ils ont pu s’exprimer sur leur premier jour au Québec, sur leur immigration et sur ce qui leur a donné de la force pour traverser cette épreuve.
Les élèves, venant des quatre coins du monde, décrivaient tous les défis auxquels ils ont dû faire face. Perdre des membres de sa famille, apprendre une nouvelle langue, le sentiment de solitude, les saisons ; bref, les difficultés d’un nouveau départ. Pour plusieurs élèves, ces livres représentaient une façon de raconter leur histoire et leur point de vue. «Avant de partir, j’avais un chez-moi. Ce n’était pas parfait, mais c’était le mien. Je me tenais entre deux directions, sans savoir laquelle était vraiment la mienne» racontait Déborah, 13 ans, venue du Nigéria. «Avec le temps, j’ai compris que je n’avais pas à choisir. Deux maisons, un seul coeur.»

Pour d’autres, leur manière de garder espoir était de s’accrocher à quelque chose de précieux pour eux, que ce soit une personne, un objet, une passion, etc. C’était le cas d’Amair Yellena, 16 ans, née en Algérie, qui décrivait un rêve qu’elle a eu deux jours après la mort de sa grand-mère. «Si tu traverses une période difficile, je serai avec toi, et si tu traverses une période plus joyeuse, je serai là aussi» lui a dit sa grand-mère dans son rêve. Pour la jeune femme, ces mots sont un moyen de passer au travers de tout cela.

À travers son zine, Nahiba, âgée de 15 ans et née au Bangladesh, rend hommage à son oncle, qui a profondément influencé son parcours. «Huit ans après avoir commencé à chanter, je veux parler d’une personne très importante de ma vie: mon oncle Amin. Je suis devenue une des meilleures chanteuses de mon école grâce à lui. Aujourd’hui, j’ai confiance en moi et en ce que je suis pour lui. Maintenant, il est au ciel, probablement en train de me regarder et d’être fier de moi, et je vais continuer à chanter pour être certaine que sa tradition continue à travers moi.»
Bref, cette exposition a su illustrer la complexité d’une épreuve comme l’immigration, et ce, en donnant la parole à des jeunes ayant récemment vécu ce défi souvent déchirant. Il faut en retenir, comme les élèves l’ont transmis, qu’il y a toujours quelque chose à quoi s’accrocher, même dans les temps d’orage.