Imaginez que vous êtes en train de marcher dans une rue très fréquentée, vous écoutez votre musique tranquillement en vous dirigeant vers l’épicerie, et soudainement quelqu’un s’écroule devant vous. Vous vous arrêtez pour voir ce qui se passe, comme d’autres personnes, et en moins de quelques secondes, il y a un gros bouchon de gens qui regardent, mais… personne ne fait rien. Pourquoi ?
Il y a plein de raisons à cela : peut-être que certaines personne sont choquées, se sentent figées, ont peur ou n’ont pas le courage d’intervenir. Tout ça, ce sont des éléments clés de la théorie de l’effet du spectateur, nommée après un incident qui est survenu en 1964, où une jeune femme, Kitty Genovese, s’est fait agresser sexuellement en plein public. Et c’est quoi la partie la plus morbide de cette histoire ? Il y avait plus de 30 témoins ! Ils ont vu, mais n’ont rien fait : ni appeler la police, ni avertir. Rien… simplement rester et regarder.

Cet incident a posé des questionnements sur plusieurs normes sociales : comment un être humain pouvait réagir de cette façon en voyant un de ses confrères en situation de détresse ? Cette question a particulièrement intriguée le docteur John Darley et le professeur Bibb Latané qui ont dédié plusieurs années de leur vie à investiguer le cerveau humain derrière l’effet du spectateur. Ils onts repris l’incident de 1964 en le réalisant à une échelle publique en regardant l’action de témoins a un attentat d’agression fait par deux complices en plein jour dans la rue et ils sont arrivés à des résultats très intéressants et choquants !
Ils ont trouvé que l’effet du spectateur se produit très souvent quand le nombre de témoins est plus grand car l’effet de meute amplifie et divise la responsabilité de chaque spectateur présent. En d’autres mots, la responsabilité est divisée entre la quantité de personnes qui visionnent. Donc, plus de personnes, moins tu te sens responsable et tiens plus à ce que quelqu’un d’autre fasse les actions nécessaires pour régler la situation.
« Pourquoi moi ? Pourquoi je devrais y aller? Sûrement que quelqu’un d’autre va aller l’aider. »
Cette pensée gèle la personne, et si tout le monde pense ainsi, personne ne fera le premier pas. Tout le monde restera figé à attendre que quelqu’un d’autre fasse quelque chose. Si vous ne me croyez pas, regardez la prochaine fois qu’il y aura un incident à l’école… et allez voir la quantité de gens qui ne font que regarder et ne font strictement rien. Ou encore au centre-ville, une personne tombe ou crie pour de l’aide, la majorité regarde… mais peu bougent.
Par contre, l’effet contraire peut se produire si on a moins de personnes qui sont présentes. Dans ce cas, plus de gens vont être susceptibles d’aider la personne en détresse, car ils se sentent responsables d’aider, comme ils sont les seuls à avoir vu la situation ils ne peuvent pas déléguer la responsabilité à quelqu’un d’autre comme dans le cas où il y aurait une foule. C’est plus personnel, disons.
On dirait que c’est un problème qui s’amplifie de nos jours avec les téléphones. Les gens sont accrochés comme des colombes dans une cage avec la possibilité de se libérer, mais ne voulant rien faire afin de rester dans leur zone de confort, ils n’ont rien à faire du monde extérieur. Et quand ils décrochent, ils sont aussi victimes de l’effet du spectateur, mais on ajoute quelque chose… et oui, vous l’avez bien deviné : le téléphone pour filmer le moment.
De nos jours, avec les téléphones, l’effet du spectateur est plus fort que jamais. Au lieu d’aider une autre personne, beaucoup sortent leur téléphone pour filmer, pour capturer le moment et pour le partager, sans intervenir. Le cellulaire devient alors une barrière entre eux et ce qui est en train de se passer. Ça donne une impression que « ce n’est pas vraiment mon problème, je fais juste regarder ». Le pire, c’est que certaines personnes sont tellement habituées à filmer TOUT ce qui bouge qu’elles réagissent plus vite pour sortir la caméra que pour aider un autre être humain.
Pour en conclure, nous pensons souvent que nous sommes des êtres libres de nos pensées et de nos actions. Il faut cependant se remettre en question, il faut qu’on se dise que c’est faux, que nos comportements dépendent de certains facteurs sociaux. Notre cerveau est créé pour suivre la foule ; c’est un instinct de survie élémentaire, mais c’est quelque chose qu’on peut tous combattre. Il faut juste qu’une seule personne décide d’agir pour que tout change et ça, ça peut être toi 🫵.
Alors, si un jour tu es témoin d’une situation où quelqu’un est en danger ou en péril, n’attends pas que quelqu’un d’autre intervienne… rappelle toi que la personne devant toi pourrait être un ami, un parent ou même toi ! Aide comme tu aimerais être aidé. Fais le geste que tout le monde hésite à faire, un appel au 911, un mot, un mouvement ça peut littéralement faire la différence entre la vie et la mort d’un autre être humain.
Quelques vidéos sur le thème ⬇
https://youtu.be/cb8bRaZjyq8
https://youtu.be/s4dW9Cuk0ss
https://youtu.be/5hGyISlEP7g